L’Afrique est un continent où le nombre de jeunes est estimé à plus de 60% de sa population alors que les autres continents subissent un déclin démographique alarmant. Il a également la deuxième croissance économique la plus forte après l’Asie. Malgré cette dividende démographie que bénéficie le continent africain et la forte croissance économique notamment la zone CEDEAO, l’Afrique est le continent le plus pauvre et il n’a que 1% de la finance mondiale à cause des mauvaises politiques économiques et de la mal gouvernance que subit la population africaine.
Pour comprendre ainsi le retard du continent, il serait possible d’analyser l’économie ouest africaine, particulièrement l’économie de la région CEDEAO qui pourrait atteindre 4% de croissance économique en 2024 selon le rapport de la Banque africaine de développement « Performances et perspectives macroéconomiques de l’Afrique » qui a été publié au mois de janvier 2024.
La zone CEDEAO est une région qui a d’énormes potentiels et qui peine à se développer. En 2022, cet espace régional avait un PIB estimé à 758 milliards de dollars par la Banque mondiale contre 2 779 pour la France qui n’avait qu’une population de 67 millions d’habitants tandis que la population de la zone CEDEAO avait dépassé la barre des 410 millions d’habitants répartis dans 15 pays membres. Ces chiffres montrent la faiblesse économique de la région qui n’avait qu’à peine 0,7% du PIB mondial. Un autre problème qui montre la faiblesse économique de la région est le faible tissu industriel ainsi que la répartition très inégale de l’économie régionale. Car le Nigéria seulement avait détenu 62,35% (472,6 milliards de dollars) du PIB de la zone contre 3,65% (27,7 milliards de dollars) pour le Sénégal qui est la quatrième puissance de la région, derrière la Côte d’Ivoire (9,23% du PIB en 2022) et le Ghana (9,74% du PIB en 2022). En outre, tous les pays de la région importent la majorité de leurs produits manufacturiers. Ils importent beaucoup de produits finis en exportant des produits extractifs tout en sachant qu’un produit n’a vraiment de valeur que lorsqu’il est transformé pour être prêt à être consommé.
La Note d’Analyse du Commerce Extérieur (NACE) de l’ANSD de 2022 qui a estimé la valeur marchande annuelle de l’exportation du Sénégal à 3 563,4 milliards de FCFA en 2022 contre 7 549, 4 milliards de FCFA pour la part de l’importation nationale le prouve. Parce que cette note montre non seulement que le Sénégal a une part d’importation estimée à plus de 800,474 milliards de FCFA en décembre 2022 contre 285,652 milliards de FCFA d’exportation pour la même période et une balance commerciale déficitaire de 3 986 milliards de FCFA (3,597 milliards $) mais les premiers fournisseurs du Sénégal, à savoir l’Europe qui détient 47,4% de l’importation du Sénégal contre 32,3% pour l’Asie n’achètent presque pas les produits manufacturiers du Sénégal qui préfère malheureusement à se focaliser sur l’or et d’autres produits miniers et extractifs pour vendre à l’international comme le Nigéria, le Ghana et la Côte qui sont les premières puissances de la région.
Ces premières puissances régionales qui occupent plus de 90% de l’exportation mondiale de la zone ont, certes, des potentiels économiques très importants pour aider les onze (11) membres de la région à se transformer tout en se transformant aussi mais ils ne les exploitent pas. Parce que le Nigéria et la Côte d’Ivoire qui avaient raflé à eux seuls plus de 85% d’exportations mondiales de la CEDEAO en 2022 sont comme le Sénégal qui n’avait que 2% de l’exportation de la région contre 4% pour le Ghana. L’Amérique et l’Europe qui sont les premiers clients de la régions préfèrent acheter leur hydrocarbure, leur cacao, leurs pierres précieuses et leur coton qui sont leurs principaux produits d’exportation.
Pour changer l’image de l’industrie de l’espace CEDEAO qui est si importante pour le développement de l’Afrique, il faudrait que les pays membres de la CEDEAO retravaillent sur les raisons pour lesquelles la CEDEAO a été créée le 28 mai 1975 à Lagos (Nigéria). Il est aussi nécessaire de savoir que l’économie de la région a besoin de banques régionales fortes et qui accompagnent facilement les start-ups, les PMI et les PME pour la transformation des produits extractifs et pour le développement des secteurs économiques peu exploités comme la technologie, la mode, l’agricole et l’immobilier. Les Etats doivent mieux accompagner les start-ups, les PMI et les PME sans mettre la politique partisane dans la sphère entrepreneuriale tout en appliquant harmonieusement la politique du tarif extérieur commun de la région qui facilite les échanges et qui poussent les agents économiques de la région à être plus compétitifs. Les Etats africains doivent faciliter pareillement l’accès aux marchés publics aux entreprises nationales et l’acquisition des équipements industriels pour leurs jeunes entrepreneurs tout en incitant les entreprises privées et les citoyens à valoriser la production locale et l’esprit entrepreneurial.
Malgré la volonté de la création industrielle et du développement industriel des jeunes entrepreneurs africains, il est important de savoir que sans la valorisation de ces différents accompagnements déjà énumérés les pays de la région risqueraient de ne pas pouvoir sortir si facilement dans la pauvreté qu’ils subissent actuellement et qui ne devrait pas avoir sa place dans cette région du monde.